Une gare n’est rien d’autre qu’une immense « Salle des Pas Perdus » où des centaines de voyageurs transitent quotidiennement par obligation comme par plaisir. À cette occasion, chacun perçoit cet espace impersonnel comme une invisible frontière qui sépare deux territoires : celui où l’on n’est déjà plus là et celui vers lequel on se rend. No man’s land urbain, ce point de passage obligé d’un univers à l’autre cristallise donc, dans une même perception contradictoire, et la nostalgie du « d’où je viens », synonyme de passé, et l’enthousiasme du « où je vais », porteur d’avenir.

De ce fait, la gare est un lieu étrangement magique qui, ancré dans le monde, nous permet néanmoins de quitter la réalité : notre ici-et-maintenant, pour anticiper autre chose avant l’heure : notre ailleurs-et-demain… Et, mieux que quiconque, les amoureux le savent qui s’embrassent sur les quais, envahis par le trouble qu’occasionne un tel ressenti !

 Philippe Parrot

Amoureux sur un quai de gare

Photo trouvée sur internet – Auteur non identifié

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fichier pdf P 46 – Quai de gare

Poème écrit par Philippe Parrot,

Le samedi 12 juillet 2014

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