Tétanisés par la crise économique, accrochés à nos éternels acquis sociaux, cramponnés à notre si précieux mode de vie consumériste, englués dans nos querelles partisanes dignes de « Clochemerle », oui, voir arriver en masse des migrants fuyant la barbarie au terme d’inhumains périples, nous dérange. Nous pressentons en effet que ce serait sans nul doute renoncer à quelques-uns de nos privilèges que de les voir s’installer sur notre territoire.

Avant Aylan, des milliers d’enfants, de femmes et d’hommes sont morts lors de ces voyages cauchemardesques sans que nous nous en offusquions. Ne nous leurrons pas ! Après lui, la vague d’émotions passée, beaucoup d’autres mourront encore avant que les États européens et leur peuple ne s’engagent dans une vraie politique de maîtrise de ces flux migratoires. Enjeu de notre siècle, ils perdureront de toute évidence pendant des décennies, quelles qu’en soient les raisons politique, économique, démographique, voire climatique…

Sur notre continent, un début de commencement de solution passe par la mise en place d’une Europe Fédérale, dotée d’un pouvoir central démocratiquement élu, qui pourrait ainsi imposer aux vieux États-nations, obsolètes, rétrogrades et frileux, les mesures nécessaires afin d’accueillir ces populations qui seraient alors réparties entre nos différents pays en fonction de leur nombre d’habitants, de leur puissance économique et de leur niveau d’organisation. Vu l’enlisement de ce grand projet européen, ce n’est donc pas demain que nous jetterons les bases d’une politique d’accueil, humaine et réfléchie…

Alors, d’ici-là, chaque homme politique soucieux de défendre au mieux son pré carré agira en fonction des prochaines échéances électorales : à l’émotion et au coup par coup…

Philippe Parrot

Aylan Kurdi 1

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Pour lire le poème « Aylan », veuillez cliquer sur le fichier ci-dessous.

fichier pdf P 122 – Aylan

Poème écrit par Philippe Parrot

Commencé le mardi 8 septembre 2015

Et terminé le vendredi 11 septembre 2015

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