À l’inverse de la touche d’érotisme, délicate et légère, qui se dégage toujours des fêtes galantes peintes par Antoine Watteau, ici, dans ce tableau, loin de toute prévenance et de toute retenue, il peint le désir dans ce qu’il a d’animal, voire de bestial, dégageant une ravageuse sensualité qui peut mettre mal à l’aise.

En effet, en différenciant dans un cadre champêtre à peine perceptible qui focalise le regard sur les deux personnages un premier plan lumineux qui tire son éclat de la blancheur virginale du corps nu d’une jeune femme endormie, pleine d’abandon, et un arrière-plan sombre que soulignent une mâle peau cuivrée, des membres musculeux, une chevelure abondante, un visage hirsute et un regard de braise, Antoine Watteau oppose la candeur à la turpitude, la beauté à la laideur, la délicatesse à la force, la douceur à la violence, bref la Belle à la Bête.

Cependant, s’il se dégage de cette scène troublante qui laisse craindre le pire, à la fois une grande sérénité dans ce corps féminin qui s’offre et une ténébreuse énergie dans cet être démoniaque qui se tapit, le peintre a le génie de s’en tenir là et de laisser à chacun le soin d’imaginer ou non une suite à cette rencontre, sachant que l’existence est tellement imprévisible qu’elle peut parfois prendre des formes que nous n’aurions pu imaginer…

Philippe Parrot

Le satyre et la nymphe

Le satyre et la nymphe – Tableau d’Antoine Watteau (1684/1721)

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Pour lire le poème « Satyre et nymphe », veuillez cliquer sur le fichier ci-dessous.

fichier pdf P 143 – Satyre et nymphe

Poème écrit par Philippe Parrot

Commencé le lundi 7 décembre 2015

Et terminé le mardi  8 décembre 2015

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