Henri Rousseau, né en 1844 à Laval et mort en 1910 à Paris, est un des représentants majeurs de l’art naïf. Issu d’une famille très modeste, il travaille un temps comme commis d’avocat à Nantes avant de s’engager dans l’armée. Libéré à la suite du décès de son père en 1868, il monte à Paris. Marié en 1869, après le guerre de 1870 il est embauché comme gabelou à l’Octroi de Paris, travail qui lui vaut d’être surnommé par Alfred Jarry le « Douanier Rousseau ».

C’est à partir de cette période qu’il démarre sa carrière de peintre, en pur autodidacte, produisant un grand nombre de toiles d’une déconcertante candeur : des portraits de personnages, au visage inexpressif, qui paraissent massifs dans le décor, du fait du manque de toute perspective ; des paysages intemporels ou urbains ; enfin et surtout — thématique principale de son œuvre ! — des grandes jungles où il met en scène, dans une végétation exubérante aux multiples nuances de vert, des combats entre fauve et proie ou des portraits apaisés d’animaux.

En 1886, il participe pour la première fois au Salon des Indépendants mais ce n’est qu’à partir des années 1891 qu’il commence à recevoir des critiques positives, notamment avec son premier tableau représentant un tigre dans une flore luxuriante. En 1893, il prend sa retraite de l’Octroi de Paris pour se consacrer à la peinture, vivant avec de maigres revenus. Il se lie d’amitié avec Robert Delaunay, Guillaume Apollinaire et Pablo Picasso. Décédé à l’hôpital Necker, il est inhumé au cimetière de Bagneux, d’abord dans une fosse commune, ensuite dans une concession trentenaire. En 1947, ses restes sont transférés à Laval où il repose toujours.

Nullement inféodée à la tradition ou à l’avant-garde, la peinture du Douanier Rousseau, marquée par un exotisme débridé qu’il puise dans ses visites au Jardin des Plantes, au Jardin d’Acclimatation ou dans la lecture des revues illustrées de son époque, est totalement inclassable. On lui reprochait ses portraits de face de personnages figés, son manque de perspective, ses couleurs vives, sa naïveté et sa maladresse mais, en nostalgique de l’enfance, il faut voir en lui une sorte de passeur — à la frontière entre raison et merveilleux, entre civilisation et nature, entre rêve et réalité — qui nous fait oublier la grisaille de nos vies quotidiennes grâce à la flamboyance de ses décors, soutenue par une palette d’où jaillissent des couleurs éclatantes, souvent dissonantes.

Philippe Parrot

Gitane endormie Douanier Rousseau

Gitane endormie – Douanier Rousseau

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fichier pdf P 146 – Insomnie

Poème écrit par Philippe Parrot

Commencé le  vendredi 18 décembre 2015

Et terminé le dimanche 20 décembre 2015

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