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Si le Temps, en tant qu’évanescent présent, est cette durée où la jouissance de l’instant, dans la solitude ou le partage, permet à l’esprit comme au corps de vivre d’inoubliables moments surtout quand la connivence avec l’objet ou l’être posé face à soi s’avère magique il est aussi, en tant qu’agent corrosif, ce cadre qui, loin de contribuer aux échappées de l’âme comme aux ivresses de la chair, transforme, par un effet de distanciation croissant, les émois vécus jadis en impressions de plus en plus ténues.

Aussi consternant et douloureux que soit un tel processus, cette fonction du Temps s’avère néanmoins positive. En effet, à neutraliser l’intensité de nos joies et de nos souffrances d’hier par la métamorphose de nos souvenirs en réminiscences, il permet à chacun de se détacher du passé, transfiguré dés lors en une sorte de « comédie dramatique » que chacun peut visionner à sa guise dans sa tête sans pour autant en être bouleversé, le personnage principal n’étant plus soi mais, par un étrange avatar, un acteur qui nous ressemble.

Seuls responsables de cette salvatrice substitution et seuls capables de la réaliser, il faut donc être redevable aux mois et aux années qui passent de nous redonner, chaque jour une peu plus, la force d’aller de l’avant. Ravis, grâce à leur sortilège, de nous abandonner une fois encore aux gens, aux choses, bref, à ce sursis que l’existence nous accorde…

Philippe Parrot.

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Avec le temps… Léo Ferré (1916/1993)

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fichier pdf P 160 – Tu verras, ça ira ! Tout s’effilochera…

Poème écrit par Philippe Parrot

Commencé le samedi 27 février 2016

Et terminé le dimanche 28 février 2016.

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