À l’heure où chacun d’entre nous s’affiche sur les réseaux sociaux, prêt à se livrer corps et âme, il résulte d’un tel exhibitionnisme qu’à réduire le dialogue à de la communication et l’intimité à du voyeurisme, l’ère numérique a substitué à la perception sensible de l’autre une représentation virtuelle, toute fantasmagorique.

Seul bastion à résister à la déshumanisation de nos liens sociaux, le café ! Lieu convivial par excellence, il est cet espace urbain où des personnes de chair et d’os, a priori étrangères les unes aux autres, s’y croisent pourtant, ravies de trouver là l’occasion de se voir et de se parler, dans une ambiance chaleureuse.

Brassant les classes sociales, libérant la parole, autorisant contacts et rapprochements, il est ce lieu où, du fait de sa « promiscuité » organisée et bienvenue, une évidente chaleur humaine demeure aujourd’hui encore, permettant à chacun de fuir sa solitude, d’oublier ses soucis, voire de se lancer à la conquête de l’autre pour le convaincre ou le séduire.

Théâtre sans parterre, il est cette scène où chacun est, sans faux-semblant et le temps d’une rencontre, l’acteur de sa vie, reconnu et accepté comme tel par les autres membres de cette fraternelle communauté.

Philippe Parrot

 

Café de Joinville-le-Pont

Café noir et blanc, Joinville-le-Pont – Photo de Robert Doisneau (1912 – 1994)

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fichier pdf P 189 – Le zinc

Poème écrit par Philippe Parrot

Commencé le samedi 25 juin 2016

Et terminé le dimanche 26 juin 2016

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