Visage allongé et légèrement incliné, teint abricot, sourcils arqués, yeux en amande, noirs et profonds, nez long et fin, bouche pincée et colorée, on reconnaît d’emblée dans ce « Nu assis à la chemise » (1917) la patte du peintre Amedeo Modigliani (1884/1920).

Assise sur une chaise, cachant son corps nu sous une chemise qu’elle retient en un geste plein de pudeur, cette jeune femme trahit par son attitude une touchante réserve. À fixer le peintre intensément — son regard protégé par un aplat qui rend ses pensées impénétrables — elle met à nu une immense mélancolie poussant à croire qu’elle est totalement déconnectée du quotidien, plongée dans un monde situé hors du Temps.

Cependant, derrière l’élégance de la posture comme la grâce des traits qui donnent tant de charme au modèle, derrière ces yeux langoureux tournés sur eux-mêmes qui laissent entrevoir une insondable intériorité, Modigliani cherche surtout à dévoiler la vulnérabilité de ses personnages. En fait, cette fragilité, caractéristique de l’œuvre de Modigliani, résulte de l’approche sculpturale qu’il fait des visages, très étirés, très stylisés, fortement influencé qu’il est par l’art du masque africain.

Philippe Parrot

La Dame aux yeux noirsAmadeo Modigliani (1884-1920) – Nu assis à la chemise, 1917

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fichier pdfP 201 – La Dame-aux-yeux-noirs

Poème écrit par Philippe Parrot

Commencé le vendredi 26 août 2016

 Terminé le dimanche 28 août 2016

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