Dans la chambre impersonnelle de l’hôpital où elle séjournait depuis des semaines, avec, comme seul horizon, des murs écrus et nus, une chaise et une table inutiles et laides, un lavabo minuscule dans un coin, elle gisait sur le lit dans un état de semi-conscience, décryptant choses et sensations de loin, de très loin, comme si son esprit se détachait peu à peu de son corps.

Lentement… insidieusement… sûrement !

Impression apaisante, ce pressentiment qui l’envahissait depuis quelques jours, la convainquait dans les profondeurs de son être — quoiqu’elle ne puisse pourtant le formuler explicitement — que son départ était imminent. Ses cheveux tombés, totalement chauve ; son visage émacié, son teint terreux ; ses yeux hagards, perdus dans quelque monde ; ses joues creuses ; enfin, son corps décharné flottant dans la nuisette et perfusé en permanence, elle ne pouvait plus désormais qu’attendre l’Inéluctable sans offrir la moindre résistance.

C’est alors qu’un matin, revenue, comme par enchantement, au temps de sa jeunesse, elle se vit sur un quai, face à un voilier. Poussée par une force obscure, elle monta à bord, sûre d’embarquer pour le grand voyage…

Philippe Parrot

213 - La mer et la jeune femme

 Photo trouvée sur internet – Auteur non identifié

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Pour lire le poème « La mer et la mourante », veuillez cliquer sur le fichier ci-dessous.

fichier pdf P 213 – La mer et la mourante

Poème écrit par Philippe Parrot

Commencé le vendredi 7 octobre 2016

Et terminé le samedi 8 octobre 2016.

Une tendre pensée pour Geneviève…

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