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Être veuf et père d’une unique fille qui plus est est sans doute une expérience de l’amour paternel singulière et douloureuse. En effet, pour peu qu’en grandissant l’homme retrouve dans les traits de sa fille les lignes du visage de son épouse disparue, il ne cessera jamais d’avoir à ses côtés ce « double », tout à la fois biologique et magique, rappelant à chaque instant et durant des années celle qu’il aima…

Relation puissante et complexe, il l’épaulera cependant avec constance et tendresse, attaché à cet être par des liens de sang et de cœur, peut-être quelque peu troubles, jusqu’à ce qu’elle le quitte un jour, devenue femme. Alors, confronté brutalement à la solitude, l’homme vieilli aura le sentiment que son destin s’achève bel et bien avec ce départ attendu et légitime, convaincu que ce qu’il avait à faire et à vivre, a été fait et vécu…

Philippe Parrot.

261 - Voir partir sa fille

Freud avec sa fille Sophie en 1919

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fichier pdf P 261 – Voir partir sa fille

Poème écrit par Philippe Parrot

Le dimanche 14 mai 2017

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