Tapie dans un abysse, confortablement allongée sur un banc de sable, elle devinait qu’à la surface de la mer, c’était la tempête.

Aux vibrations qui lui parvenaient, aux échos qu’elle distinguait, elle pressentait qu’un navire se battait contre les flots pour éviter le naufrage. Mais, quand elle entendit les mâts craquer sous la violence des vents et s’effondrer… la coque travailler de partout avant d’éclater sous la pression des vagues, elle sut que le galion sombrait et, avec lui, tous les marins. Alors, elle quitta son royaume et partit à leur rencontre pour leur offrir à l’instant de l’agonie — lorsque l’eau submergerait leurs poumons — l’ultime vision d’une femme les prenant dans ses bras, avec fougue et sensualité, juste avant le Grand Sommeil…

Puis, ces preuves d’amour à peine données, un à un, elle les dévorerait afin de s’emparer de leurs forces et de leur énergie, de leurs souvenirs et de leur mémoire, de leurs vécus et de leur singularité, bref de leur âme comme de leur être, ravie de revivre ensuite, au gré de ses rêveries et de par son étrange pouvoir, l’existence de chacun d’entre eux, dans la solitude des fonds marins.

Philippe Parrot

335 - La sirène et les marins

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Pirates des Caraïbes 4 - Le chant des Sirènes

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Poème écrit par Philippe Parrot

Entre le 14 et le 15 juin 2018.

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