Il arrive parfois que l’on ait brusquement envie de lâcher prise et de n’en faire qu’à sa tête, sans se soucier de ce que disent les gens, de ce que conseille la Raison ou de ce que dicte la Morale. Trop heureux de s’abandonner aux sulfureux élans de la chair, aux émois ravageurs du cœur, aux visions inavouables de l’esprit, voilà que l’on ose prendre le risque, pour une fois, d’aller jusqu’au bout d’un désir, aussi absurde et dérangeant soit-il…

Le poème ci-dessous est écrit, lui aussi, sous le coup de ce genre de pulsion irraisonnée et irraisonnable. Refusant d’être logique, crédible, convaincant, lisse, sur le mode de l’écriture automatique, j’ai transcrit en mots de fugitives et délirantes images, enchaînant ces visions comme l’on enfile des perles : bêtement, machinalement, mécaniquement, sans filtrer d’une quelconque manière ce que j’avais dans le crâne.

De fait, ce texte n’a donc ni queue ni tête. Nourri de songes creux, fait de bric et de broc, parti de rien, il ne mène nulle part, sinon au plus près d’absurdes rêves conçus pour nous faire échapper  — ne serait qu’une seconde ! — à l’hégémonie de la rationalité ambiante qui formate et formalise nos comportements et nos pensées, satisfaite d’imposer à la conscience sa rigueur terroriste et sa glaçante logique.

Philippe Parrot

p370140219

Photo libre de droit trouvée sur Pixabay.com ( Auteur  : Gordon Johnson )

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fichier pdfP 370 – Pensées en vrille

Poème écrit par Philippe Parrot

Entre le 13 et le 15 février 2019

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