L’enfance à Belleville : 1936/1941

Dans les années 1920, son père, Icek Peretz (1909/1940), et sa mère, Cyrla Szulewicz (1913/1943), tous deux juifs polonais, émigrent en France. Ils se marient en août 1934 à Paris. Leur fils, Georges Peretz, né le 7 mars 1936, passera sa petite enfance au 24 rue Vilin à Belleville.

La seconde guerre mondiale et la mort de ses parents : 1942/1945

Engagé volontaire dans l’armée française au début de la seconde guerre mondiale, Icek Peretz, son père, est mortellement blessé. Il décède en juin 1940.

Au printemps 1942, sa mère l’envoie par un train de la Croix-Rouge à Villard-de-Lans, chez son oncle et sa tante paternelle, David et Esther Bienenfeld qui se sont réfugiés là, après avoir quitté Paris. Georges restera dans cette ville durant toute la guerre. Il y sera baptisé et son nom sera francisé en Perec.

En janvier 1943, Cyrla Peretz, est arrêtée et internée à Drancy, avant d’être déportée en février 1943, par le convoi n°47, à Auschwitz où elle mourra.

En 1945, à la fin de guerre, Esther et David Bienenfeld reviennent vivre à Paris avec Georges Perec qu’ils adoptent.

Les années d’étude : 1946-1956

De retour à Paris, il s’inscrit au Lycée Claude-Bernard avant d’aller au Collège Geoffroy-Saint-Hilaire d’Étampes où il aura comme professeur Jean Duvignaud avec qui il fondera, en 1972, la revue « Cause commune ».

C’est au cours de cette période (1949/1952) qu’il entreprendra une psychothérapie avec Françoise Dolto, profondément marqué par la disparition de ses parents.

En octobre 1954, il intègre Hypokhâgne au Lycée Henri IV de Paris puis commence des études d’Histoire à la Sorbonne qu’il abandonnera vite (octobre 1955/juillet1956).

Les années d’engagements : 1957/1964

Au cours des années 1956/1957, il entame une psychanalyse avec Michel de M’Uzan. Il fait son service militaire comme parachutiste à Pau entre 1958 et 1959.

En octobre 1960, il se marie avec Paulette Pétras avec qui il vivait depuis plusieurs mois au 5, rue des Quatrefages (5ème arrondissement de Paris) puis part, de novembre 1960 à juillet 1961, à Sfax en Tunisie.

En 1962, il travaille comme documentaliste dans le laboratoire de neurophysiologie du CNRS.

Le temps de la notoriété : 1965/1982

En 1965, il remporte le Prix Renaudot avec son roman Les choses qui connaît immédiatement un vif succès. Il rentre, en 1967, à l’Oulipo. C’est un engagement important car l’écriture de ses oeuvres sera désormais soumise aux règles oulipiennes. « L’Ouvroir de Littérature Potentielle », plus connu sous son acronyme « Oulipo » est un groupe créé en 1960. Il est constitué de littéraires dont Raymond Queneau (1903/1976) qui en fut le co-fondateur et de mathématiciens qui réfléchissent notamment sur la notion de « contrainte » afin d’élaborer des structures novatrices qui contribueraient au développement de la création. C’est, dans cet esprit, que Georges Perec écrira en 1969 un roman policier intitulé La disparition soumis à une obligation formelle: bannir la lettre « e » !

De 1971 à 1975, il suit une psychanalyse avec Jean-Bertrand Pontalis. En 1978, il publie ce qui est certainement son chef d’œuvre : La Vie, mode d’emploi qui obtient le Prix Médicis. Le succès de cet ouvrage va lui permettre de démissionner du CNRS pour se consacrer uniquement à la littérature.

Il meurt le 3 mars 1982, à l’âge de 46 ans, d’un cancer à l’hôpital d’Ivry. Ses cendres reposent aujourd’hui au columbarium du Père-Lachaise à Paris.

Philippe Parrot

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