Un œil de photographe et une main de géomètre au service de la Peinture !

Edward Hopper (1882/1967), est, par excellence, le peintre d’une époque : le début du vingtième siècle et d’un pays : les États-Unis. Fasciné par les paysages urbains, il éleva l’« american way of life » d’Art, à travers des oeuvres réalistes où le sentiment de solitude prédomine, amplifié par une technique axée sur des compositions géométriques simples, des économies de moyens et des jeux de lumière.

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1/ Sa biographie

-) Les années de formation

Edward Hopper est né en 1882 dans l’État de New-York au sein d’une famille de commerçants qui lui inculquèrent une éducation baptiste. En 1899, malgré son désir de devenir peintre, ses parents le convainquent de travailler comme illustrateur dans la publicité qui leur semblait offrir un meilleur avenir. Après avoir fréquenté la « New York School of Illustrating », il s’inscrit en 1900 à la « New York School of Art ». Un des enseignants de cette école, Robert Henri (1869-1929), l’influence énormément, en lui apprenant à saisir des scènes réalistes de la vie urbaine.

-) Le temps des voyages

Toutefois, comme la plupart des jeunes artistes américains de cette époque, il aspire à séjourner en France pour parfaire sa formation. Avec l’aide de ses parents, il fait ainsi, entre 1906 et 1910, plusieurs voyages à Paris durant lesquels il s’intéresse à la photographie, profitant de l’occasion pour visiter les capitales d’Europe (Londres, Amsterdam, Berlin et Bruxelles). Au cours de cette période, Edward Hopper produit une trentaine d’oeuvres, essentiellement sur Paris, et se familiarise avec les œuvres des grands peintres du Vieux Continent (dont Vermeer et Rembrandt, maîtres incontestés de la lumière).

Préférant des artistes réalistes comme Courbet ou Millet, il ne suit pas ses contemporains dans leurs expériences cubistes. En 1908, il s’installe définitivement à New-York, dans le quartier Greenwich Village, où il continue d’exercer, par obligation, son métier d’illustrateur, À cette époque il peint occasionnellement, le plus souvent l’été.

-) L’entre-deux-guerres : la maturité et la consécration

S’il acquiert une certaine notoriété, en 1915, lors d’une exposition au Mac Dowell Club, c’est véritablement dans l’entre-deux-guerres qu’il est vraiment reconnu, notamment avec sa première exposition personnelle au Whitney Studio Club en 1920. En 1924, il se marie avec Joséphine Verstille Nivison, qu’il surnomme « Jo ». Comme lui, elle avait suivi les cours de Robert Henri et était devenue peintre. En 1925, Edward Hopper achève l’un de ses meilleurs tableaux: « Maison au bord de la voie ferrée » (The House by the Railroad) qui entre au Museum of Modern Art en 1930.

Maison au bord de la voie ferrée

Edward Hopper – The House by the Railroad

La même année, le Whitney Museum of American Art acquiert le tableau « Tôt un dimanche matin » (Early Sunday Morning). En 1933, la première rétrospective de l’œuvre d’Edward Hopper est organisée au Museum of Modern Art de New York.

-) Les années 50-60 : un certain « désamour »

Quelque peu délaissé par la critique et le public qui lui préfèrent la peinture abstraite, Edward Hopper meurt en 1967, dans un relatif anonymat, dans son atelier de Washington Square, à New-York. Sa femme légua son œuvre au Whitney Museum of American Art, avant de décéder dix mois plus tard.

2/ L’originalité de son oeuvre

-) Sa technique picturale

Très marqué par la technique photographique comme en témoignent les cadrages, les effets d’éclairage et de lumière, la mise en scène de ses tableaux, les vues en hauteur, en plongée ou en contre-plongée, ses compositions sont essentiellement basées sur des formes géométriques simples, de larges aplats de couleur et l’utilisation d’éléments architecturaux dont les limites verticales et/ou horizontales structurent le tableau.

-) Les paysages ruraux

Edward Hopper choisit souvent des régions rurales situées dans le Nord-Est des États-Unis (à proximité du Cap Cod où il a sa propriété d’été ou en Nouvelle-Angleterre dont il peint les phares). Ses toiles qui frappent par l’absence d’êtres humains donnent l’impression de lieux désertés, traversés souvent par une route ou par une voie ferrée, qui évoquent le voyage, le temps qui passe, la frontière entre civilisation et nature.

Après-midi au Cap Cod

Edward Hopper – Après-midi au Cap Cod

-) Les paysages urbains : Le chantre de « l’american way of life » :

Passionné d’architecture, Hopper a peint beaucoup de maisons dont, en 1925, le fameux tableau intitulé « House by the Railroad » qui marque le début de sa maturité artistique. Dans ces compositions, il combine des lignes fines et une lumière crue au milieu desquelles les personnages semblent isolés, comme pris au piège. Il faut noter qu’Edward Hopper aime peindre les bâtiments à différents moments de la journée, reprenant ainsi l’héritage impressionniste. Edward Hopper affectionne particulièrement New York où il a travaillé et vécu. Mais il s’intéresse aussi aux villes moyennes ou aux villages.

Edward Hooper est l’un des plus illustres représentants de l’ « american way of life » parce qu’il peignait la vie quotidienne des classes moyennes américaines, en pleine mutation dans la première moitié du vingtième siècle. Ses tableaux illustrent parfaitement la ville moderne avec ces lieux de passage (hôtel, voies ferrées, rues), ses centres de loisir (restaurant, théatre, cinéma), ses lieux de travail et de commerce. Ses toiles montrent la naissance d’une société où l’automobile, les routes, les voies ferrées, les ponts, signes de modernité, annoncent le temps des voyages à travers tout le territoire américain. A travers des détails très réalistes: enseignes publicitaires, mobilier urbain, stations service, motels, rues désertes, sa peinture recrée une ambiance typiquement américaine. Ainsi, dans « Noctambules », des clients sont assis au comptoir d’un restaurant dont les néons contrastent brutalement avec les ténèbres environnantes.

-) Le peintre de la nostalgie, de l’introspection et de la solitude :

L’oeuvre d’Edward Hopper est empreinte de nostalgie. Ses personnages semblent regretter une certaine Amérique puritaine qui disparaît, balayée par la modernité. Il peint le plus souvent des lieux publics (restaurants, théâtres, bureaux), des routes, des trains où les êtres et les choses semblent voués à l’abandon. Bien qu’ils soient souvent côte à côte, hommes et femmes donnent l’impression de ne pas se voir, d’être esseulés et mélancoliques, chacun dans son monde et replié sur soi. Dans ces peintures, le sentiment de solitude est omniprésent.

Ny movie

Edward Hopper – Ny movie

Edward Hopper figure des personnages anonymes dont le visage ne trahit aucune émotion comme si le décor ambiant était chargé de le faire à leur place. Du coup, il se dégage toujours de ses toiles une impression étrange emprunte de silence, d’exclusion et de mélancolie. Des rues désertes, des pièces exagérées grandes, des personnages qui semblent inexorablement attendre quelque chose ou quelqu’un, la lecture leur offrant parfois l’occasion de tromper un temps qui semble désespérément immobile.

3/ Les trois grandes périodes de son oeuvre

-/ Les années 1906/1910: Paris

Les premiers tableaux d’Edward Hopper représentent des vues de Paris, en particulier de la Seine et du Louvre. Cette période parisienne, qui correspond aux séjours de l’artiste dans la capitale française (1906-1910), se poursuit alors qu’il est rentré définitivement aux États-Unis. Hopper reste, en effet, marqué par les paysages et la peinture du Vieux Continent au point qu’il dira plus tard : « Tout m’a paru atrocement cru et grossier à mon retour. Il m’a fallu des années pour me remettre de l’Europe. »

-/ Les années 1910/1930: Les paysages américains et les maisons

Après son retour aux Etats-Unis, Edward Hopper abandonne progressivement les thèmes parisiens pour se consacrer aux paysages américains et aux maisons de la Nouvelle-Angleterre. Dans les années 1920, il affirme un style personnel en peignant des vues aux couleurs sombres, brunes et tranchées (The City, 1927; Fenêtres, la nuit, 1928 ; Tôt un dimanche matin, 1930). Il s’éloigne ainsi de l’impressionnisme pour privilégier les grands à-plats de couleurs et les contrastes. Les portraits sont alors peu nombreux – à part un autoportrait et des croquis représentant sa femme Joséphine – et la présence humaine quasi inexistante.

-/ Les années 1930/1960: Les paysages urbains et le retour des personnages

Les figures humaines réapparaissent au début des années 1930. « Chop Suey » (1929; « Tables pour dames » (1930) et « Chambre d’Hôtel » (1931) représentent des femmes. Les personnages se généralisent à partir de 1938 pour devenir de véritables acteurs des tableaux : « Compartiment C, voiture 193 » (1938) ; « Soir au cap Cod » (1939) ; Noctambules (1942) etc. Dans les années 1950-1965, le peintre donne aux individus davantage de profondeur et les met en scène dans leurs relations avec les autres : « Soir d’été », (1947) ; « Route à quatre voies » (1956).

Durant cette période, Edward Hopper représente des pièces de plus en plus épurées, vidées de tout mobilier: dans « Chambres au bord de la mer » (1951), les meubles sont cachés par un mur ; dans « Soleil du matin » (1952), le seul objet de la chambre est le lit. Ses œuvres s’attachent à évoquer des souvenirs personnels ou à valoriser des mises en scène de son cru, non à représenter fidèlement la réalité. C’est pourtant la période pendant laquelle Edward Hopper rejette la peinture abstraite qui connaît un succès croissant aux États-Unis.

Philippe Parrot

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