À l’exemple de Raymond Queneau (1903/1976) qui, dans son ouvrage « Exercice de style », réussit avec maestria à raconter quatre-vingt dix neuf fois la même histoire, mais toujours écrite de façon différente, l’idée m’est venue, en avril 2016, de partir de la première strophe du poème de Charles Baudelaire « Parfum exotique » pour imaginer la soudaine passion entre un peintre et son modèle, en cent déclinaisons de la structure poétique créée par cet illustre poète.

Philippe Parrot

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AGNUS DEI – Sacred Choral Music – The Choir of New College, Oxford.

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« Quand, les deux yeux fermés, en un soir chaud d’automne,

Je respire l’odeur de ton sein chaleureux,

Je vois se dérouler des rivages heureux

Qu’éblouissent les feux d’un soleil monotone. »

Ci-dessus, première strophe du poème : Parfum exotique de Baudelaire (1821/1867)

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Nue

Le modèle du peintre. Photo trouvée sur internet – Auteur non identifié

Pour découvrir le début de cette romance entre un peintre et son modèle, veuillez cliquer sur le lien ci-dessous qui présente les cinquante premières déclinaisons. Merci.

Exercice de style en 100 déclinaisons : Partie 1 (strophe 1 à 50)

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UNE ESQUISSE ET UNE CLEF (SUITE ET FIN)

 

Déclinaison n°51 du 26/11/2016

Quand, singulière aptitude, en un imperceptible tressaillement,

Je te pressentis discerner ce sur quoi portait mon émoi,

Je sus d’emblée avoir enfin trouvé cette femme de choix

Qu’on ne croise qu’une fois sur son chemin, sous un ciel clément.

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Déclinaison n°52 du 27/11/2016

Quand, éberlué par tant de perspicacité, en une réflexion fulgurante,

Je constatais entre nous l’émergence d’une connivence,

Je nous sus emportés par cette fièvre, source de transe,

Qu’ont deux cœurs vibrant au rythme d’une même passion balbutiante.

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Déclinaison n°53 du 03/12/2016

Quand, à l’encontre des conventions, en une rotation pleine de grâce,

Je te vis oser mettre pied à terre contre toute attente,

Je devinais à ton culot ce désir de jouvencelle battante

Qu’exalte, sûre d’elle-même, l’envie de faire le premier pas avec audace.

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Déclinaison n°54 du 04/12/2016

Quand, à la fois incrédule et ravi, en vue de quelle impérieuse cause,

Je t’observais t’approcher rapidement de moi,

Je restais coi devant cet aplomb sous mon toit

Qu’aucun modèle n’avait eu jusqu’alors, s’en tenant à sa pose.

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Déclinaison n°55 du 10/12/2016

Quand, parvenue à ma hauteur, en une posture suggestive de côté,

Je m’attendais à ce que tu veuilles regarder ton portrait,

Je fus ahuri de te voir prendre ma main droite en retrait

Qu’avec fermeté, tu plaquas contre ton sein à hauteur du grain de beauté.

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Déclinaison n°56 du 11/12/2016

Quand, dans un silence religieux, en une impulsion attendrissante,

Je te sentis ensuite, sur mes joues, m’embrasser,

Je compris à ma gaucherie, soudain embarrassé,

Qu’à cette seconde tu jetais les bases d’une complicité grandissante.

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Déclinaison n°57 du 17/12/2016

Quand, illuminée d’un sourire sur tes lèvres, en toute ingénuité,

Je te voyais aussitôt regagner ta place sur le canapé,

Je sus m’être laissé par tes charmes ravageurs happé

Qu’excusait ton effronterie de Lolita délurée, pleine de spontanéité.

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Déclinaison n°58 du 18/12/2016

Quand, profitant de ton brusque demi-tour, en soi imprévisible,

Je ne pus m’empêcher de fixer tes jolies fesses,

Je m’émerveillais de voir tes hanches de déesse

Qu’exaltait l’élégance de ta démarche à la sensualité irrésistible.

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Déclinaison n°59 du 24/12/2016

Quand, allongée de nouveau sur le sofa, en un effort de concentration,

Je me remis à magnifier, sur la toile, ta sublime beauté,

Je m’efforçais d’éviter le feu de tes prunelles enchantées

Qu’attisait ta joie de jouvencelle de me posséder sans aucune condition.

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Déclinaison n°60 du 25/12/2016

Quand, mes doigts serrant le pinceau, en des courbes caressantes,

Je reproduisais les moindres contours de tes chairs,

Je savourais de pouvoir t’admirer avec ce drôle d’air

Qu’a tout homme devant une tentatrice dévêtue, à la nudité éblouissante.

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Déclinaison n°61 du 31/12/2016

Quand, ta silhouette s’esquissant peu à peu, en une légitime satisfaction,

Je me sentais très fier d’exposer tes rondeurs à chacun,

Je priais, poussé par une sorte de narcissisme mesquin,

Qu’à contempler plus tard mon travail, tu manifestas ton approbation.

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Déclinaison n°62 du 01/01/2017

Quand, à concevoir la possibilité du contraire, en proie à l’inquiétude,

Je jurais faute de pouvoir ouvrir un tube au bleu soutenu,

Je me félicitais d’entrevoir dans tes yeux de la déconvenue

Qu’aussitôt j’interprétais comme la preuve touchante de ta sollicitude.

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Déclinaison n°63 du 07/01/2017

Quand, confiant désormais en notre étoile, en une intime conviction,

Je nous sus attachés l’un à l’autre par des liens,

Je me sentis bêtement perdre tous mes moyens

Qu’à la minute je devais pourtant mobiliser pour vaincre mon agitation.

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Déclinaison n°64 du 08/01/2017

Quand, m’efforçant d’oublier tes avances, en mes chairs gravées,

Je me repris afin de ne plus cesser de peindre,

Je m’exhortais, ma brûlante fièvre, à l’éteindre

Qu’obscurément en moi, je sentais venir avec force m’entraver.

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Déclinaison n°65 du 14/01/2017

Quand, par tes baisers perturbé, en tressautements intempestifs,

Je devinais, trop nerveux, mon parti pris changer,

Je compris être ailleurs, l’esprit tellement dérangé

Qu’aucun argument ne parviendrait à m’inciter à rester créatif.

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Déclinaison n°66 du 15/01/2017

Quand, au comble de l’agacement, en un mouvement brusque et inattendu,

Je jetais par terre ma palette et mes pinceaux,

Je saisis à l’impétuosité de mon geste, trop sot,

Qu’à mon insu, tu venais d’entrer dans ma vie et que de toi j’étais mordu.

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Déclinaison n°67 du 21/01/2017

Quand, bien loin de paniquer, en maint éclat de rires espiègles,

Je t’entendis prendre avec humour ma réaction,

Je trouvais saine ta conduite face à une situation

Qu’avait imposée ma mauvaise humeur, au mépris de toute règle.

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Déclinaison n°68 du 22/01/2017

Quand, sans avoir le temps de réaliser, en quelques secondes,

Je te vis à mes côtés ramasser mon matériel,

Je ne pus résister au plaisir de ce péché véniel

Qu’était l’effleurement de tes doigts de fée, guère pudibonde.

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Déclinaison n°69 du 28/01/2017

Quand, loin de t’offusquer, en un signe d’acquiescement,

Je te vis me dévisager et tendrement sourire,

Je me mis à rêver, debout, à ce radieux avenir

Qu’entrevoient toujours les amants dans leurs égarements.

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Déclinaison n°70 du 29/01/2017

Quand, fort émus l’un et l’autre, en cet instant magique,

Je me redressais, tenant avec douceur ta main,

Je me figurais te parler à haute voix du chemin

Qu’avec toi je voulais emprunter, las de ce monde tragique.

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Déclinaison n°71 du 04/02/2017

Quand, craignant de brûler trop vite les étapes, en fille soucieuse de s’amuser,

Je m’approchais pour voluptueusement t’enlacer,

Je m’arrêtais, surpris de voir sur ton visage stressé

Qu’envahie par la peur tu m’imaginais vouloir de suite de ton corps abuser.

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Déclinaison n°72 du 05/02/2017

Quand, à te sentir ne voir en moi qu’un Don Juan, en mal d’une maîtresse,

Je m’inquiétais d’observer toute ta personne se raidir,

Je compris devoir envisager ensemble un futur devenir

Qu’à condition de faire preuve de beaucoup de patience et de délicatesse.

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Déclinaison n°73 du 11/02/2017

Quand, mes yeux plongés dans les tiens, en quête d’approbation,

Je te dis vouloir mettre un terme à la séance,

Je remarquais dans ton regard cette brillance

Qu’ont les gens soulagés de se savoir sortis d’une délicate situation.

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Déclinaison n°74 du 12/02/2017

Quand, reculant de quelques pas, en un déplacement gracieux,

Je te sentis soulager par ma subite initiative,

Je suggérais de retravailler de façon intensive

Qu’après quelques jours, le temps pour chacun de réfléchir au mieux.

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Déclinaison n°75 du 18/02/2017

Quand, te rapportant tes habits froissés, en un tas rassemblé,

Je te les tendis, très mal à l’aise dans la pièce,

Je m’en voulais d’avoir eu cet élan de hardiesse

Qu’à ce jour je n’aurais pas cru possible, certain de trembler.

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Déclinaison n°76 du 19/02/2017

Quand, le dos tourné pour ne pas te gêner, en un flash-back précipité,

Je me remémorais cette incroyable matinée,

Je me promis de t’inviter rapidement à dîner

Qu’à condition de savoir rétablir une relation pleine de spontanéité.

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Déclinaison n°77 du 25/02/2017

Quand, vite rhabillée de pied en cape, en une phrase brève,

Je t’entendis me signifier être enfin présentable,

Je me retournais lentement avec cet air pitoyable

Qu’ont parfois les enfants pris en faute, tels de mauvais élèves.

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Déclinaison n°78 du 26/02/2017

Quand, tourmenté à l’idée de ne plus te revoir, en un regard insistant,

Je m’efforçais de mémoriser à jamais ton visage,

Je crus y lire comme un « À bientôt ! », message

Qu’avec un vif soulagement je décryptais, transporté hors du temps.

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Déclinaison n°79 du 04/03/2017

Quand, un sourire sur tes lèvres, en guise de remerciement,

Je te sus touchée par mes gauches attentions,

Je me laissai envahir par ces fébriles émotions

Qu’on éprouve dans les tourments de la passion généralement.

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Déclinaison n°80 du 05/03/2017

Quand, partie en direction de la porte, en balançant des hanches,

Je suivais avec admiration ta silhouette élégante,

Je reconnus être très épris de toi, si extravagante

Que ma vie semblait brusquement colorée par ton exubérance franche.

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Déclinaison n°81 du 11/03/2017

Quand, mon chien sur tes pas, en quelques jappements discrets,

Je le sentis, lui aussi, peiné par ton départ précipité,

Je m’émus à te voir le caresser avec cette spontanéité

Qu’ont naturellement les êtres attendris par les bêtes en secret.

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Déclinaison n°82 du 12/03/2017

Quand, a priori retournée par ses plaintes, en jeune femme sensible,

Je t’observais t’apitoyer sur le sort de ce balourd,

Je te sus être la compagne parfaite, sûr en ce jour

Qu’à tes côtés, j’oublierai toujours les maux de ce monde terrible.

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Déclinaison n°83 du 18/03/2017

Quand, à t’accroupir pour le serrer soudain contre toi, en maîtresse joviale,

Je me surprenais à croire à ton désir de revenir,

Je sentis en moi s’immiscer cet espoir en l’avenir

Qu’on ressent à vouloir obscurément jeter les bases d’un bonheur familial.

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Déclinaison n°84 du 19/03/2017

Quand, le soleil effleurant ton visage de ses rais, en une douce caresse,

Je l’imaginais encourager là notre complicité,

Je me réjouissais de cette constante ingénuité

Qu’a l’artiste d’attribuer à cet astre le pouvoir de partager ses liesses.

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Déclinaison n°85 du 25/03/2017

PROCHAINE PRÉSENTATION

SAMEDI 25 MARS 2017 A 20 HEURES

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